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Blog express
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  • Créé le : 10/05/2008 20:56
    Modifié : 22/04/2009 10:16

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    ****** "La mort, sa vie, son oeuvre" a remporté le concours n° 7 du manoir en janvier 2009. ****** Dernier texte en date à lire sur le site : "L'étranger" ****** Nouvelles, débats, conneries et décapitations sur http://nouvelles.forumactif.com/forum.htm ******
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    Une nuit sur la terre

    10/05/2008 23:25



     
    Au passage, il pressa le bouton de la télévision pour qu'elle ferme sa gueule au prochain coup. Il me faudrait ma lampe torche. Mais celle-ci était dans sa chambre au premier. Il empoigna la hache et la soupesa. « Putain, elle pèse une tonne la salope » murmura-t-il, dans un état de traumatisme avancé. Il avait les yeux exorbités de terreur, s'attendant à voir surgir une de ces choses à tout moment. Où se trouve le disjoncteur ? Il l'ignorait. Peut-être à la cave. L'idée de descendre dans les bas-fond de la maison l'effrayait. Mais de toute façon, ce n'était pas envisageable sans éclairage. Comme si quelque chose avait lu dans ses pensées, la lumière éclata à nouveau dans la cuisine. Sans hésiter, il s'achemina vers la porte d'entrée pour éclairer la pièce.
    Il ne put retenir un « ouf » de soulagement à la vue du séjour familier, vide de créatures. La porte du cellier se tenait exactement à droite de la montée des marches. David jeta un nouveau coup d'oeil à l'étage. Malgré la lumière environnante, celui-ci était encore plongé dans les ténèbres. Il appela : « Nicolas ? ! ». Le son de sa voix l'effraya. Pas un murmure dans la maison. Puis tout à coup, venant de la cave, il entendit un léger cliquetis de ferraille. T'es cuit mon coco. Cette pensée s'adressait autant à la chose en bas qu'à lui-même.
    Il sera le manche de son arme tout contre sa poitrine et prenant une grande inspiration, se dirigea vers la porte de la cave. Arriver là, il colla une oreille contre celle-ci. Il entendait bien quelque chose, comme un trousseau de clé que l'on agitait. Il baissa délicatement la poignée et appliqua une légère pression avec son épaule pour entrebâiller l'ouverture. La cave était éclairée et une aubaine pour lui, les escaliers étaient en pierres. Il laissa la porte ouverte et commença à descendre en silence, sans éveiller l'attention du locataire du sous-sol. Le ronronnement de la chaudière camoufla les répercussions occasionnaient par les pas du jeune homme. David ignorait où chercher. Posant le premier pied sur la dalle en béton du cellier, il tendit à nouveau l'oreille. Le son qu'il avait entendu précédemment résonna encore une fois, légèrement sur sa gauche. Sur la paroi du mur en face de lui, était suspendus les outils de jardinage de son père, qui préférait les garder à l'intérieur de la maison pour plus de sécurité. Le reste de la cave ne contenait que de vieux cartons ne renfermant, pour la plupart, que des frusques pourries bouffées par les mites et des photos jaunies par le temps, recouvertes de crottes de rats. David se remémora soudain, un vieux film de George Romero. Dans l'oeuvre du cinéaste américain, les zombies répétaient inlassablement les actions qu'ils avaient eu l'habitude de pratiquer de leurs vivants. David se dit que le mort qui jouait avec le disjoncteur, travaillait peut-être à E.D.F avant son décès. Et qu'il était peut-être chargé personnellement de supprimer le courant à des familles dans le besoin, incapables de payer leur électricité parce que les pauvres parents avaient dépensés les sous de la facture pour acheter une poupée Dora à l'occasion de l'anniversaire de la petite dernière ou encore pour payer les médicaments du plus grand qui souffrait de gastro-entérite aigu. Ordure ! pensa David en serrant les dents. Il s'achemina lentement vers la source du bruit, en soulevant sa hache jusqu'à ce que le tranchant de l'arme soit au-dessus de sa tête, prêt à cogner. La chose était là, debout et immobile, lui tournant le dos devant le disjoncteur. Nom de dieu ! Sa vessie se vida brutalement entre ses jambes flageolantes. La pisse chaude se propagea rapidement aux vieilles pantoufles déjà délaissées par l'hygiène puis s'écoula sur le sol, dans un clapotis bruyant inéluctable pour les oreilles. Le mort se mit alors à bouger et abaissa brusquement la poignée pour mettre un terme à la clarté. David émit un petit cri de terreur. Dans le noir, le zombie devait être à deux pas devant lui. Plutôt que rester là à attendre que cette chose ne ce jette sur lui pour bouffer sa cervelle, David s'avança sur une courte distance qui parut pour lui, beaucoup trop longue. Il percevait dans la cave obscure, la respiration bruyante du cadavre ressuscité. L'ampoule de la pièce se ralluma sans prévenir et le mort-vivant qui s'était retourné vers lui entre temps, hurla en faisant mine de bondir sur le jeune pisseux. David s'égosilla à son tour en même temps qu'il abattit la hache sur le crâne de la créature. La tête de l'individu se fendit en deux comme une vulgaire bûche. La hache stoppa sa découpe au niveau du sternum puis le corps de l'électricien bascula en arrière. Son cerveau à découvert racla le mur en pierre, qui s'était transformé pour l'occasion en râpe à viande géante pour chair de zombie décomposés. Seigneur venait à mon secours. De la brèche fraîchement segmentée, David distingua le système nerveux central du macchabée, découpait comme les mannequins des cours de chirurgie neurologique. Le type, le buste à l'air, arborait sur sa poitrine une longue balafre encore agrafée. « Putain j'y crois pas ! ce mec à était autopsié avant de se retrouver dans ma cave... » proféra David à la limite de dégueuler.
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